HONNEUR AU BENEVOLE DU MOIS
Publié le 26/10/2026
Il se définit lui-même comme « un homme un peu râleur mais au grand cœur », Laurent HERVOUET surnommé Lolo, a décidé, après un itinéraire footballistique riche et varié, de poser ses valises, voilà déjà 14 ans, au club de l’AMS VOEUIL et GIGET où il rend bénévolement de multiples services.
Alors que votre jeune vie de footballeur commence à peine, une terrible épreuve frappe votre famille ?
Laurent HERVOUET : Je suis issu d’une famille de 6 enfants, nous sommes tous devenus très jeunes, des sportifs et de bon niveau (foot, hand…). J’ai commencé à jouer au foot à l’école en participant à des tournois de foot à 5 puis à 9 ans j’ai été inscrit au club de la Rochefoucauld où je suis resté jusqu’en sénior. Mon père était un passionné de foot. Alors qu’il n’avait que 41 ans et moi seulement 11, il est décédé, électrocuté et j’en ai été très marqué. Ma mère s’est entièrement consacrée à ses enfants, c’est une rassembleuse et aujourd’hui elle se passionne pour ses petits-enfants qui sont devenus eux aussi de très bons performeurs à l’image de leurs ainés.
Le Foot devient très vite une passion pour vous aussi et vous vous plaisez à performer ?
Laurent HERVOUET : Je me souviens, tout jeune, avoir été puni, et privé de foot. Je me suis échappé par la fenêtre, j’ai rejoint mon équipe, j’étais avant-centre, j’ai marqué 2 buts, on a fait match nul et ensuite je suis vite rentré. Mon père était au match, il m’a vu bien sûr mais il était cool. J’ai souvent été surclassé et j’ai fait partie des 20 meilleurs joueurs de Charente quand j’étais en minimes à l’occasion du Concours du Jeune Footballeur. J’ai tout le temps eu la passion du foot, je regarde toutes les chaines TV où on peut en voir.
Après avoir atteint le niveau sénior à la Rochefoucauld, vous enchainez les expériences ?
Laurent HERVOUET : Oui mon itinéraire a fait l’objet de multiples étapes. J’ai quitté La Roche, pour Montbron (PH) puis Ruelle (PL), St Angeau, mais ce fut une année blanche car j’étais à l’armée à Poitiers, Sireuil, puis je suis revenu à la Rochefoucauld pour repartir à Mornac, Anais et enfin Touvre. J’ai arrêté ma carrière à 39 ans pour un problème de genou.
C’est alors que j’ai décidé de devenir arbitre et j’ai officié au centre, en D2, pendant 10 ans pour le club de Touvre.
Que retenez-vous de votre expérience en arbitrage ?
Laurent HERVOUET : Cela m’a beaucoup apporté. J’étais calme et sûr de moi. J’étais plutôt râleur sur un terrain et j’ai bien mieux compris les choses lorsque j’ai eu un sifflet en main. Je me suis fait également beaucoup d’amis. Ce fut réellement une bonne expérience et j’en garde de bons souvenirs. Je me souviens avoir arbitrer une demi-finale de Coupe Charente. J’aurais juste aimé arbitrer dans d’autres départements pour expérimenter autre chose. Je n’ai eu qu’un dossier en discipline suite à un échange de coups hors terrain qui avait fait une victime collatérale, une petite fille et j’en avais été très choqué. Par la suite j’ai également été observateur d’arbitres.
Cela ne vous a jamais tenté d’encadrer des jeunes ?
Laurent HERVOUET : Si je l’ai un peu fait quand je suis revenu à La Rochefoucauld, mais je travaillais en 3×8 dans une imprimerie où je suis resté 39 ans et c’était compliqué, même d’ailleurs, quand je jouais.
Ce n’est pas simple non plus à gérer dans une famille, on ne fait que se croiser. Le travail, la famille ont une influence sur le comportement des joueurs. Comme je dis souvent « bien dans son couple, bien sur le terrain » je trouve que ça joue.
Finalement comment avez-vous atterri à Voeuil ?
Laurent HERVOUET : En 2013, mon président actuel, Fabrice Jousseaume m’a convaincu de le suivre, nous étions à Touvre. Je suis venu par amitié car j’habite pourtant à deux pas du stade de Mornac mais nous sommes amis (Fafa et Lolo) comme deux membres de la même famille.
Quelles sont vos fonctions ?
Laurent HERVOUET : Je suis chargé du ménage du club house et des vestiaires, je le fais comme si c’était pour moi. Les joueurs ont quand même plus de plaisir si les vestiaires sont propres. J’étends les maillots mais je laisse le soin aux dames de les plier, elles le font bien mieux que moi. Je fais des petits travaux de bricolage et d’entretien si nécessaire. Je fais également la touche en A ou en B. Ce n’est pas toujours évident pour des bénévoles de faire la touche. Il arrive que certains se fassent malmener.
Votre bon cœur vous a amené à venir en aide à un jeune Guinéen ?
Laurent HERVOUET : Il avait été hébergé dans un centre qu’il a dû quitter à sa majorité. C’était un bon joueur de football, je l’ai hébergé durant 6 mois et je l’accompagnais pour se rendre au travail. Il avait trouvé un emploi de peintre et sa grande taille était un atout. Je l’avais accompagné à Paris, à l’Ambassade pour ses papiers. Ensuite il a pu bénéficier d’un logement, j’ai continué à le suivre. Mais malheureusement quelques années plus tard il est décédé suite à un accident de la route.
Je l’avais emmené avec un de ses copains assister à un match au SCO d’Angers et nous avions rencontré Maxime Bossis.
A 64 ans, quel est votre ressenti sur ces années passées dans le football et celles à venir ?
Laurent HERVOUET : Je vois le foot différemment. J’ai mes convictions. Le foot a changé, les jeunes, il faut les encourager mais surtout ne pas les critiquer sinon ils le prennent mal. Avant on avait intérêt d’écouter…
Par rapport à mon parcours, il m’a fallu une grande capacité d’adaptation. Quand on est titulaire dans une équipe, tout va bien mais quand on change de club, il faut de nouveau faire ses preuves, voire faire mieux et s’intégrer dans un nouveau groupe, un nouveau club.
Le fait que je sois à Voeuil depuis 14 ans me prouve que je suis capable enfin de me stabiliser dans un club.
Et je ne vais pas m’en aller comme ça maintenant…. je resterai tout au moins tant que je le pourrais.
Reportage réalisé par Isabelle Bonneau, Animatrice de la Commission Valorisation de l’Engagement Bénévole
