HONNEUR AU BENEVOLE DU MOIS

Publié le 24/09/2026

Passé Maître, aussi bien dans l’art de la cuisson au barbecue qu’à la friteuse, Philippe SUDRE, plus connu sous le nom de « Moustache », œuvre bénévolement et passionnément depuis plus de 17 ans pour régaler les papilles des fins connaisseurs du club de l’US CHASSENEUIL et de ses visiteurs.

 Avant de vous adonner à la cuisine, avez-vous pratiqué le football par le passé ?

Philippe SUDRE : Pour tout vous dire, je n’ai jamais pratiqué le football. Quand j’étais tout jeune, une équipe s’était montée à Suaux mais j’étais trop petit pour l’intégrer. A 17-18 ans, je vous avoue que je préférais courir les fêtes foraines en compagnie des copains et copines que de jouer au foot. Ensuite je suis parti à l’armée. Puis j’ai perdu mon père quand j’avais 21 ans et j’ai dû assumer plus de responsabilités à la maison. Malgré tout, j’ai toujours regardé le Football à la télévision et j’ai suivi avec bonheur l’épopée des « Verts ».

 N’étant pas pratiquant, qu’est-ce qui vous a poussé, il y a plus de 20 ans à fréquenter l’US CHASSENEUIL ?

Philippe SUDRE : Je me suis marié en 1985, nous avons eu 2 fils, un en 1987 et le second en 1992 qui ont tous les deux souhaité jouer au football et nous les avons inscrits au club de Chasseneuil.

En 2003, quand le second a intégré l’équipe des Benjamins, j’ai commencé à m’investir aux côtés de Marcel Buisson. Je préparais les goûters, les gourdes, j’appelais pour les convocations et je distribuais les licences, encore en format papier à l’époque. J’ai continué durant 6 ans jusqu’à ce que mon fils termine sa saison en catégorie 15 ans. Il m’est arrivé aussi d’aider pour le traçage du terrain. J’ai même occupé le poste de trésorier adjoint pendant 4 ans de 2021 à 2025.

Quand avez-vous dévoilé vos talents de chef cuistot ?

Philippe SUDRE : Lorsque mon fils était en U13, j’ai commencé en parallèle à m’occuper du barbecue, quand l’équipe A jouait le samedi soir.

Depuis 2009, je me charge également de l’intendance, du ravitaillement, des courses. Je m’occupe, selon les besoins, soit de la plancha, soit de la cuisson des frites. J’aime le travail bien fait, il faut absolument que tout soit carré. Il arrive que différentes associations fassent désormais appel à mes services pour la cuisson des frites

Vous adorez ce que vous faites, cependant tout le monde n’accepterait pas de le faire, qu’est-ce que cela vous apporte ?

Philippe SUDRE : J’aime bien cuisiner, même à la maison, je donne des coups de main à mon épouse qui est toujours en activité et qui travaille dur. J’aime l’ambiance qui règne, j’apprécie ce contact avec les gens, j’ai des clients réguliers avec qui ça se passe bien. Je suis fidèle au poste tous les week-ends, c’est une activité qui me plait et qui me manquerait. C’est une tâche où il ne faut pas avoir peur des odeurs, des salissures, du nettoyage mais qui engendre beaucoup de convivialité.

Et puis surtout je suis un peu à l’écart du terrain et cela ne me dérange pas, bien au contraire.

Vous voulez nous en dire un peu plus ?

Philippe SUDRE : Derrière la main courante, se trouve une multitude d’arbitres, de coachs, de Mbappé et que sais-je encore ! Je préfère ne pas les entendre, j’apprécie beaucoup plus la compagnie de ma plancha ou de ma friteuse, un peu à l’écart. Au Rugby, l’arbitre prend une décision, personne ne bronche, pourquoi cela ne se passe pas de la même façon au Football ?

Qu’est-ce que le bénévolat vous évoque ?

Philippe SUDRE : Malheureusement on trouve de moins en moins de bénévoles et sans eux, aucune association ne peut survivre. Je suis à la retraite depuis 7 ans, c’est une occupation. Mais les gens veulent de moins en moins s’investir, prendre des responsabilités. On vit dans un monde un peu fou, les gens manquent de temps, de volonté, de sérieux.

En ce qui me concerne, tant que je pourrais me déplacer, je continuerai le plus longtemps possible.

Parmi les évènements du club, lesquels vous ont laissé de bons souvenirs ?

Philippe SUDRE : Sans hésiter les 70 ans du club que nous avons fêtés en 2007 avec 580 personnes présentes. Et puis cet été, les 15 et 16 août, un de nos jeunes joueurs, également candidat à l’émission « L’Amour est dans le Pré » a organisé un marché de producteurs « Le Marché de l’Amour » avec 18 anciens candidats producteurs, présents pour vendre leurs produits en direct à 15000 visiteurs et c’est le club qui s’est occupé de la restauration.

Un club c’est comme une famille, on s’entraide, on y vit de grands bonheurs mais aussi des chagrins ?

Philippe SUDRE : En effet j’avais un bon copain avec qui on faisait équipe à la cuisson et qui m’avait rendu service quand je me suis fait opérer de la hanche, il venait me chercher et m’emmenait au stade. Un jour son permis de conduire a été suspendu et tout le monde l’a abandonné à son triste sort mais moi je me suis souvenu qu’il m’avait servi de chauffeur et à mon tour j’allais le chercher. Et puis un jour, il y a 6 ans, il a pris la décision de mettre fin à ses jours et j’en ai été bouleversé.

Quelle est la plus belle marque de reconnaissance qu’on peut vous témoigner ?

Philippe SUDRE : Ce qui me touche, ce sont ces petits gamins que je ne connais pas tous, mais eux qui connaissent tous, mon surnom « Moustache » et qui viennent me dire bonjour. (Parfois ce serait bien d’ailleurs que leurs parents prennent exemple sur eux.) Je considère que c’est une marque d’affection, une sorte de MERCI…

 Reportage réalisé par Isabelle Bonneau, Animatrice de la Commission Valorisation de l’Engagement Bénévole

 

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